Parti QuébécoisAgnès Maltais, Taschereau

Pourquoi les Plaines d’Abraham devraient-elles être gérées par la Commission de la Capitale-nationale ?

 
 
Le Parti Québécois demande la restitution des terrains de l’Assemblée nationale et des Champs de bataille. Si l’unanimité s’est faite autour des terrains de l’Assemblée, plusieurs personnes n’ont pas encore compris notre attachement à la revendication historique du rapatriement des Plaines d’Abraham et de la rue et du Parc des Braves.
À notre avis, deux arguments fondent cette revendication. D’abord, l’importance du lieu pour la nation québécoise. Ensuite, l’énorme différence dans la façon de gérer les sites nationaux qui existe entre la Commission des Champs de bataille nationaux, actuel gestionnaire, et la Commission de la Capitale-nationale, à qui nous désirons voir céder la gestion des Champs de bataille.
Une bataille d’une grande importance s'est déroulée sur les Plaines. Cette bataille a changé le cours de l’histoire de l’Amérique du Nord et, qu'on le considère positif ou négatif, c'est un événement majeur pour notre nation. Or, ce site est entre les mains d’une Commission fédérale qui n'a aucune relation officielle avec notre Assemblée nationale.
Nous demandons que les Champs de bataille nationaux, soit les Plaines d’Abraham et la rue et le Parc des Braves soient remis aux bons soins de la Commission de la capitale nationale. Pourquoi demander que ces terrains soient placés entre les mains de la Commission de la capitale nationale? Quelle est la différence entre les deux?
D'abord, il faut savoir que la Commission des champs de bataille nationaux relève du ministère du Patrimoine à Ottawa, qui en délègue la gestion à un conseil d'administration qui fait ses petites affaires en catimini et qui est extrêmement politisé, comme nous avons pu le voir au cours des derniers mois. L’utilisation de ce lieu de mémoire nous semble subordonnée à des impératifs politiques qui négligent les sensibilités québécoises.
Par contre, la Commission de la capitale nationale fait l’unanimité à Québec. Elle est sous la responsabilité du ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, qui lui-même est sous la responsabilité du chef de l'État québécois. Elle est donc soumise aux règles de bonne gouvernance et de transparence en usage au Québec..
La Commission de la capitale nationale comparaît régulièrement devant les députés en commission parlementaire pour deux raisons. D’abord, annuellement, lors de l'étude des crédits du ministère de la Capitale-nationale. Puis, tous les deux ans, elle peut comparaître devant la Commission de l'aménagement du territoire. Elle est alors questionnée par les parlementaires sur ses actions et sa vision du développement du territoire sous sa responsabilité.
La Commission de la capitale nationale a été créée dans l'unanimité. C'est cette commission qui a développé la fontaine de Tourny, la colline Parlementaire telle qu'on la voit actuellement, la promenade Samuel-De Champlain, l’aménagement du domaine Cataraqui. La liste de ses réussites est longue.! Pourquoi? En raison de son fonctionnement, qui est aux antipodes de celui de la Commission fédérale..
La Commission québécoise est en lien constant avec le ministère de la Culture et des Communications du Québec, puisqu'elle gère des lieux de mémoire. Elle travaille aussi en étroite collaboration avec la Commission des biens culturels du Québec.
La Commission des biens culturels est chargée de veiller à la conservation des biens culturels. Elle donne des avis au Ministre de la Culture sur la protection du patrimoine du Québec. La Commission fédérale n'a aucun lien ni avec le ministère de la culture, ni avec la Commission des biens culturels du Québec.
La ville de Québec a fait d'excellents travaux pour redonner un visage humain à son centre-ville et elle participe activement aux travaux de la Commission de la capitale nationale. De plus, la Commission tout comme la Ville, ont un système de consultation extrêmement bien organisé. Avant de présenter et de développer des projets, la Commission de la capitale nationale procède à des consultations. La Commission des champs de bataille nationaux impose sa vision.
Est-ce qu'on accepte que nos lieux de mémoire soient gérés par des gens en circuit fermé n'étant redevables qu'à Ottawa? La liberté, c'est la responsabilité. Être libre, c'est prendre ses décisions en fonction de ses valeurs, en fonction de sa culture, en fonction de ses événements historiques et c'est assumer ses décisions. Le principal lieu de mémoire des Québécois et des Québécoises est géré ailleurs, en dehors de tout contrôle parlementaire et en dehors de tout système de consultation des Québécoises et Québécois.
Nous savons à quel point ce lieu est fréquenté, est visité et est aimé des Québécois et des Québécoises. Il est vrai que, jusqu’ici, la Commission des champs de bataille nationaux a bien géré le parc. Mais nous pensons que nous sommes capables nous aussi de bien le gérer. Nous sommes capables non seulement de bien le gérer, mais nous saurions le gérer différemment, en toute responsabilité, en toute transparence et avec les institutions qui sont les nôtres.
Agnès Maltais
 
 

Commentaires

Bravo!

C'est très bien!